2 ans en Birmanie : le bilan

Voilà maintenant un mois que j’ai quitté Yangon pour m’installer à Hanoï.

Il me semblait intéressant de partager avec vous mon expérience après ces deux années en Birmanie et après avoir pris un peu de recul. Si je peux aider certains d’entre vous qui songent à s’installer en Birmanie, c’est avec plaisir. Il me semble aussi important de rappeler, même si cela va de soi, qu’il ne s’agit que de ma propre expérience et vision des choses, tout est personnel et subjectif !

L’aventure à Yangon a donc commencé en juin 2016 quand nous avons débarqué dans cette grande ville en pleine saison des pluies. Quand j’y repense, je me rappelle avoir pensé “Wow, c’est le retour à la civilisation, il y a tout !”. Bon, il faut remettre les choses dans leur contexte : j’arrivais de Vientiane, la plus petite capitale en Asie, qui s’apparente davantage à un petit village qu’à une métropole frénétique. Il y a presque le même nombre d’habitants à Yangon que dans tout le Laos. L’écart de perspective et le contraste étaient donc énormes et j’allais découvrir peu à peu que notre mode de vie n’aurait rien à voir avec la vie paisible et rurale du Laos…

Les points positifs

  • L’extrême gentillesse des Birmans

Tout le monde qui s’est rendu en Birmanie vous le dira, les gens sont extrêmement gentils, curieux, souriants, toujours prêts à te rendre service. C’est d’ailleurs ce qui m’a le plus touché pendant ces deux ans en Birmanie et ce qui me manque le plus aujourd’hui. Soyons honnête, la vie est tout de même bien plus agréable quand on est entouré de gens bienveillants et attentionnés, non ?

  • L’authenticité

A l’opposé d’autres pays asiatiques plus occidentalisés, c’est l’authenticité qui frappe quand on arrive à Yangon. Outre l’authenticité des relations et la gentillesse du peuple birman, ce sont toutes ces petites choses atypiques de la vie quotidienne qui contribuent à un dépaysement unique en son genre : les hommes qui portent des jupes qu’on appelle longyi, les visages poudrés au thanaka (cette poudre jaune qui leur permet de se protéger du soleil), les voitures qui roulent à droite avec le volant… à droite ! (héritage de la colonisation britannique lorsque les voitures roulaient alors à gauche. Très superstitieux, les généraux de l’armée ont suivi la suggestion d’astrologues et fait passer la conduite à droite afin de contrer l’avancée des communistes), les gens qui chiquent et crachent le bétel, les files indiennes de moines le matin, les repas partagés à même le sol en famille ou entre amis…

  • Les voyages

La découverte du pays et de la culture birmane ont forcément largement contribué à la beauté de ces deux années d’expatriation, et me font dire aujourd’hui qu’il s’agit d’un des plus beaux pays en Asie. A l’inverse des pays voisins, la Birmanie reste encore très authentique et le charme fou de certains lieux encore assez préservés (notamment Bagan, le lac Inle, Hpa An, les plages de la côte ouest…), la diversité culturelle, architecturale, ethnique… en font un pays d’une richesse incroyable. Un voyage en Birmanie marque à tout jamais, alors si vous l’avez sur votre liste : foncez ! J’ai écrit de nombreux articles sur mes voyages en Birmanie, à retrouver ici.

  • Les opportunités professionnelles

La Birmanie s’est ouvert à l’international dans les années 1990 et reste un pays en voie de développement. Les opportunités de travail sont nombreuses dans ce pays, quel que soit votre domaine de prédilection, et c’est ce qui en fait un terrain professionnel très intéressant et extrêmement enrichissant pour ceux qui cherchent un nouveau challenge. Patience, passion et persévérance sont à mon sens les trois mots clés à retenir pour réussir sa carrière en Birmanie.

Les points négatifs

  • Interdiction de conduire un scooter

Ce qui a été le plus difficile dès le début a été l’interdiction de conduire un scooter. Alors que tout le monde se déplace en scooter en Asie, Yangon est l’une des seules villes dans laquelle ce mode de transport est interdit par le gouvernement. Différentes versions existent quant aux raisons de cette interdiction, mais il semblerait qu’un haut responsable militaire ait un jour rêvé qu’il serait assassiné par une personne en scooter et a donc décidé d’interdir les deux-roues à Yangon. Un poil paranoïaque, non ?

  • Les petits tracas du quotidien

Je le disais plus haut, la Birmanie est un pays en voie de développement, et cela se ressent forcément au quotidien. En s’installant à Yangon, il faut s’attendre à mettre de côté une partie de son confort et accepter certains désagréments comme les coupures d’eau et d’électricité fréquentes, un accès à internet capricieux, le coût des transports élevés, le manque d’infrastructures médicales de qualité, les embouteillages à Yangon, l’accessibilité difficile de certaines régions, etc. Chaque problème a ses solutions et il suffit de garder un esprit ouvert pour que tout aille bien.

  • La crise d’août 2017

Impossible de ne pas évoquer les évènements qui ont propulsé le pays sur le devant de la scène internationale en 2017, puisque nous avons vécu la crise en son coeur. Je ne reviendrai pas ici sur l’origine du conflit, de nombreux articles ont déjà été postés à ce sujet. Je ne souhaite pas non plus m’étendre sur ma position, cela ne regarde que moi et n’apporterait rien de plus au message que je souhaite faire passer ici. Toujours est-il que la Birmanie s’est retrouvée au centre d’une spirale médiatique, ce qui a mené à de nombreux questionnements tant sur le plan personnel que professionnel. Comment réagir face à une situation qui nous échappe totalement ? Quelle stratégie et communication adopter dans le cadre professionnel, sachant que l’industrie du tourisme a été l’un des secteurs les plus touchés par la crise ? Est-ce éthique et légitime de rester sans cautionner ? Bref, c’est une situation à laquelle je n’avais jamais été confrontée par le passé et qui m’a de nouveau appris énormément.

Pour conclure

Aujourd’hui, je suis comblée et reconnaissante d’avoir pu découvrir ce magnifique pays en profondeur, en côtoyant ses habitants tous les jours, en tentant de décrypter son fonctionnement, de comprendre son histoire lourde, ses traditions, en m’émerveillant devant ses paysages incroyables.

Certes, le tableau n’est pas tout rose et le chemin sera encore long avant d’atteindre stabilité et harmonie dans le pays, mais c’est aussi ce qui en fait son charme. La Birmanie a été une belle leçon de vie et nous rappelle que la paix ne doit jamais être considérée comme acquise, mais plutôt comme un mouvement en perpétuel développement, un combat au quotidien.

La Birmanie m’aura énormément touchée, et je retiendrai d’abord sa beauté et sa puissance, sa richesse culturelle, historique et naturelle. Je retiendrai aussi le peuple Birman, ces gens d’une générosité sans égale, eux qui m’ont accueillie avec une tonne de bienveillance et une pointe de curiosité.

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4 commentaires sur « 2 ans en Birmanie : le bilan »

  1. Magnifique témoignage tout aussi intéressant qu’agréable à lire. J’espère que tu vas continuer à nous faire profiter de tes découvertes.
    Affectueusement.

    Aimé par 1 personne

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